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Pourquoi le développement est-il plus rapide en 2017 ?

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Andrew Green, le directeur technique de Force India, nous explique les principes du développement accéléré que l'on constate sur les monoplaces 2017 depuis le début de la saison.

© XPB Images é F1i

QUESTION DE TEMPO

Conçues à partir d’un règlement tout neuf et en un temps relativement court (les écuries ayant reçu les pneus de développement fin avril 2016), les F1 2017 sont des bolides encore bruts de décoffrage, qui offrent une grande marge de progression. À l’aide des données récoltées sur la piste (avec les gommes réelles) lors des essais libres du vendredi, les écuries peuvent identifier les forces et les faiblesses de leur monoplace, afin de mettre en place rapidement un programme de développement.

En suivant l’évolution des monoplaces d’un Grand Prix à l’autre, on constate que le rythme auquel les nouveautés sont introduites est nettement plus élevé que les dernières saisons. Pourquoi le tempo de développement est-il davantage soutenu que par le passé ?

“Les changements apportés cet hiver au règlement technique ne sont pas minces et ont ouvert au développement de vastes secteurs de la voiture. Notre aire de jeu est beaucoup plus étendue qu’auparavant. Étant donné que nous sommes partis d’une base encore immature (jeunesse du règlement oblige), je m’attends à que le développement soit très soutenu durant toute la saison. Cela dit, dans les faits, il ne faut pas perdre de vue que le règlement limite la vitesse à laquelle on peut modifier son châssis, en fixant le nombre de passages autorisés en soufflerie et la quantité de données analysables en CFD. Pour résumer la situation cette saison, je dirais que les écuries disposent au départ d’un châssis plutôt sous-développé, qui recèle un grand potentiel de performance, dont la vitesse de mise en œuvre est dictée par la réglementation. Quand on observe la performance initiale de la voiture et sa performance projetée en fin de championnat sur un graphique, on constate que l’inclinaison de la courbe est très forte, autrement dit que nous allons apporter des modifications majeures à la voiture pendant une période assez longue. Les écuries vont introduire de nouvelles pièces presque à chaque course, puisque celles-ci doivent en principe apporter des gains substantiels.”

“Pour résumer la situation cette saison, je dirais que les écuries disposent au départ d’un châssis plutôt sous-développé, qui recèle un grand potentiel de performance, dont la vitesse de mise en œuvre est dictée par la réglementation.”

Cela veut-il dire que le rapport entre le temps passé à développer une nouvelle pièce et le gain qu’elle apporte sera beaucoup plus intéressant que l’an passé ?

“L’an dernier, les voitures étaient en bout de cycle, et les bénéfices potentiels assez marginaux. La courbe de développement était beaucoup plus plate qu’aujourd’hui. Certes, ce type de courbe  s’aplatit toujours au fil du temps, mais pour le moment, elle est très inclinée : chaque nouveauté apporte un gain notable. Il est donc crucial d’installer chaque nouvelle pièce aussi vite que possible sur la voiture, en compressant les délais de conception et de production.”