Alonso : "J'ai encore ce besoin d'adrénaline !"

A quelques semaines d'aborder les essais d’avant-saison, fin février à Barcelone, F1i a rencontré Fernando Alonso afin d'évoquer avec lui, entre autres, le futur de la Formule 1, le regard qu’il porte sur sa carrière et ses attentes à l’aube d’une saison 2017 placée sous le signe de l’inconnu.

Fernando Alonso (ESP) McLaren MP4-31. 11.06.2016. Formula 1 World Championship, Rd 7, Canadian Grand Prix, Montreal, Canada, Qualifying Day. - www.xpbimages.com, EMail: requests@xpbimages.com - copy of publication required for printed pictures. Every used picture is fee-liable. © Copyright: Price / XPB Images

Le regard tourné vers l'avenir. 2017, année du déclic avec McLaren-Honda ?

A 35 ans bien sonnés, Fernando Alonso s’apprête à entamer en 2017 ce qui sera sa troisième saison sous les couleurs de McLaren-Honda (et la quatrième avec l’écurie de Woking après une première expérience difficile en 2007). Près d’une décennie après ses deux sacres conquis avec Renault, on se dit que l’Espagnol, encensé par ses pairs comme par les fans, n’est pas prêt d’écrire le mot "fin" d’une carrière entamée au tournant du siècle passé.

S’il reste plus que jamais focalisé sur la conquête de ce troisième titre qui semble le fuir depuis si longtemps, le pilote McLaren a appris à cultiver son sport et a aujourd'hui les idées claires quant à la manière dont il devrait évoluer vers l’avenir. Jenson Button désormais (semi) retraité, Alonso aura à ses côtés cette saison Stoffel Vandoorne, jeune loup de 26 ans aux dents longues avec qui la comparaison s’imposera d’elle-même. Pas de quoi pourtant effrayer l’Ibère, convaincu que le talent d’un pilote ne s’étiole pas forcément avec les années et dont l’expérience devrait également constituer un atout de poids en vue de la nouvelle réglementation technique.

"Je ne pense pas que le facteur physique soit aussi important en Formule 1 que dans d’autres sports, déclare l’Espagnol. L’aspect mécanique, avec la voiture et ses composants, joue un rôle très important qui n’influence toutefois pas notre courbe de progression autant qu’ailleurs. C’est une progression continue, sans ces piques de forme abruptes suivis par des baisses de régime. On s’améliore en même temps que la technique évolue."

Et, un jour, arrive le moment d’arrêter parce que vous voulez profiter de la vraie vie. C’est la raison qui vous pousse à dire ‘stop’, pas parce que vous êtes trois ou quatre dixièmes moins rapide qu’il y a vingt ans.

"Si vous vous arrêtez un jour de courir, ce n’est pas parce que vous êtes devenu forcément plus lent, c’est sans doute parce que vous êtes fatigué. Fatigué de voyager mais aussi fatigué de l’exposition médiatique qui vous accompagne depuis 20 ans – dans les journaux, à la télévision, etc. Et, un jour, arrive le moment d’arrêter parce que vous voulez profiter de la vraie vie. C’est la raison qui vous pousse à dire ‘stop’, pas parce que vous êtes trois ou quatre dixièmes moins rapide qu’il y a vingt ans. La décision prise par Nico (Rosberg) d’arrêter en est le parfait exemple."

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Alonso, ici en 2014, comprend la décision soudaine de Rosberg de se retirer.

Poussé par la curiosité, une question nous brûle pourtant les lèvres ; est-ce que c’est la victoire et sa quête pour l’obtenir qui empêchent un pilote de se lasser de son sport ? "Non, je ne pense pas", répond-il.

 "On l’a bien vu avec Michael Schumacher. Quand il a pris sa première retraite, il avait 37 ans et pourtant il gagnait encore. En 2006, pour sa dernière saison chez Ferrari, il s’est battu contre moi pour le titre jusqu’à la dernière course puis s’est retiré. Quand on a consacré, comme lui, 17 ans de sa vie à la F1 après l’avoir débutée à 19 ou 20 ans, arrive un moment où vous avez envie d’autre chose."

"La F1 comme on la pratique demande beaucoup de sacrifices. Pas un jour ne passe sans qu’on doive réfléchir à ce qu’on mange ou aux choses qu’on veut faire, en prenant garde de ne pas se blesser avant une course. Toute votre vie est entièrement dédiée à ce sport. Et le fait de gagner, même régulièrement, n’enlève rien au fait qu’un jour la tentation d’avoir une vie normale arrivera bel et bien."

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