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Robert Kubica ou le fraternel retour

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© Renault

Pourquoi Renault fera-t-elle rouler Robert Kubica dans le cadre des essais qui se dérouleront la semaine prochaine sur le Hungaroring ? Pour poursuivre son évaluation, entamée depuis le mois de juin avec deux premières séances de tests, à Valence puis au Castellet. Une évaluation que le Polonais prépare depuis plus d’un an, en ne ménageant pas sa peine.

ACCROÎTRE SES CHANCES DE 1000 %

“La pensée de l’éternel retour, dès lors que l’on se l’incorpore […], est l’expérience d’un saut dans le pur bonheur, écrit quelque part le philosophe Benoît Goetz. Pourquoi ? Parce que le temps cesse alors d’être asservi à tout projet.” Dans la logique du fraternel retour de Robert Kubica, c’est tout l’inverse : le projet de revenir au plus haut niveau mobilise toute l’énergie du Polonais, déterminé comme jamais à poursuivre sa trajectoire brisée un jour de février 2011.

Un retour construit de manière graduelle, un pas après l’autre. Après deux séances d’essais menées au volant d’une Lotus E20 de 2012, le grand Robert prendra le volant de l’actuelle RS17 lors des essais qui se dérouleront la semaine prochaine sur le Hungaroring, dans la foulée du Grand Prix de Hongrie.

“Physiquement, aucun problème. Et pour le reste ? Cela dépend de l’objectif. Je ne veux pas revenir pour rien. Je veux revenir à haut niveau.”

Le pas franchi n’est pas mince, comme l’avait pressenti l’intéressé lui-même dans un passionnant entretien paru dans L’Équipe après sa deuxième journée de test, organisée sur le circuit du Castellet. À la question de savoir s’il allait bientôt redevenir titulaire, le vainqueur du Grand Prix du Canada 2008 répondait :

“Physiquement, aucun problème. Et pour le reste ? Cela dépend de l’objectif. Je ne veux pas revenir pour rien. Je veux revenir à haut niveau. Je n’ai pas encore roulé dans les F1 actuelles. Je ne pourrais donc pas être prêt pour Silverstone. Il me faudrait un ou deux jours d’essais dans une voiture actuelle. Cela accroîtrait mes chances de 1000 %.”

Son souhait se réalisera donc, puisque Renault entend poursuivre son évaluation. Lors des tests à Valence (environ 460 km parcourus) et au Paul-Ricard (520 km), Kubica a roulé avec un ancien châssis propulsé par un V8 dégonflé et chaussé de pneus de démonstration. Certes, le tracé du Castellet est très exigeant physiquement, mais pour se faire une idée précise, l’écurie française doit évaluer son ancien (et peut-être futur) pilote dans des conditions significatives, sensiblement différentes de celles rencontrées lors des deux premiers tests. Les châssis 2017 sont physiquement plus éprouvants à conduire : les pilotes encaissent un g de plus en moyenne (près de 5 g enregistrés à Silverstone !) et sont mieux entraînés que jamais.