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Gasly : "Je reste le même"

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Avant le Grand Prix du Brésil ce week-end, notre chroniqueur Pierre Gasly revient sur ses débuts en F1 et la finale tronquée du championnat de Super Formula à Suzuka : beaucoup d'émotions et pas mal d'heures de vol pour le nouveau pilote de F1 français.

Bonjour à tous,

je vous écris lors d'un bref passage en France avant de m'envoler pour le Brésil cette semaine. Lors de ma dernière chronique, je m'apprêtais à participer à la finale de la Super Formula à Suzuka, mais on sait ce qu'il est advenu... Ou quand Japon rime avec typhon ! Ce fut vraiment un week-end étrange. J'étais excité à l'idée de relever le défi de remporter le championnat en tant que rookie (une première) parce qu'avec un demi-point de retard, tout était possible, mais il n'y a pas eu de combat. En une seule séance de qualification de 20 minutes, j'allais signer la pole avec les meilleurs premier et deuxième secteurs quand un drapeau rouge dans le troisième m'a empêché de boucler ma tentative. Mon meilleur temps était le chrono réalisé dans un tour d'installation...

Finalement, les courses ont été annulées car un report était compliqué à cette période de l'année. C'est frustrant mais c'est ainsi, cela ne sert à rien de se lamenter. J'ai vécu une expérience extraordinaire cette saison au Japon et j'en conserverai de bons souvenirs, à part ce dernier week-end ! Cela m'a permis de me rapprocher de Honda, qui sera motoriste de Toro Rosso en 2018, même si je suis désolé de ne pas avoir pu ramener le titre au constructeur et au Team Mugen.

Un coup dans l'eau à Suzuka pour la finale du championnat de Super Formula : dommage...

La semaine suivante, c'était déjà Mexico et les retrouvailles avec la Formule 1. Malheureusement, la malchance m'a suivi depuis Suzuka avec une invraisemblable série d'incidents techniques qui m'ont empêché de faire plus que des tours de reconnaissance aux essais. Après avoir laissé le volant à Sean Gelael en EL1, la voiture est tombée en panne en EL2 et nous avons encore connu une défaillance en EL3 qui a entraîné un changement du groupe propulseur me privant des qualifs. Il y a des jours, comme ça...

Je me suis lancé en course sans avoir la moindre idée du comportement de l'auto, de la dégradation des pneus, vraiment à l'aveugle. En ralliant l'arrivée, j'ai le sentiment d'avoir fait un boulot décent, même si on manquait de rythme en course et nous avions opté pour des réglages moteur conservateurs après les ennuis rencontrés aux essais. Une 13ème place sans gloire, mais au moins je faisais partie des Renault boys qui ont vu le drapeau à damier. L'expérience vécue me sera utile lors des prochains Grands Prix.

Naturellement, j'espère être épargné par la poisse au Brésil et à Abou Dhabi. Ce sera dur pour nous à Interlagos où la puissance joue un grand rôle, surtout face aux Force India ou aux Williams, mais on doit se battre avec les Renault et les Haas en essayant de rentrer dans le top 10 pour marquer des points. Quelque part, la météo pourrait nous aider car si la piste est glissante tous les espoirs sont permis. Bien sûr, il ne pleuvra pas à Abou Dhabi, un tracé que j'apprécie particulièrement et qui pourrait mieux nous convenir.

Treizième à l'arrivée du Grand Prix du Mexique après une course sans le moindre repère.

Cela fait maintenant quelques semaines que je suis devenu pilote de F1 et ma vie a changé très vite, j'ai beaucoup de coups de téléphone à rattraper ! Quand je rentre à la maison comme le week-end dernier, je peux presque reprendre une vie normale, en allant jouer au foot avec mes potes (ils sont contents pour moi) et en voyant mes parents qui me traitent de la même manière qu'auparavant. Il y plus de choses à faire, à planifier, il faut gérer l'agenda et répondre aux nombreuses sollicitations. Mais je reste la même personne et je joue encore aux jeux vidéos de F1 quand je suis à la maison !

Bon, vivement le Brésil, en espérant la pluie...

A bientôt,

Pierre