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Pourquoi le titre 2017 de Mercedes est inhabituel

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Le titre de champion du monde 2017 acquis par Mercedes paraît presque naturel, après trois ans de domination sans partage exercée par les Flèches d’argent. Or cette continuité n’est pas dans l’ordre des choses si l’on en croit les statistiques récentes.

LES FINS DE RÈGNE

Si l’on en croit l’histoire récente des Grands Prix (disons les quinze dernières années), un bouleversement dans les règles techniques entraîne bien souvent – presque toujours, même – un changement dans la hiérarchie.

Demandons-nous quelle écurie dominatrice a perdu le pouvoir d’une saison à l’autre, en commençant par les années 2000.

Pendant cinq saisons, Ferrari et Michael Schumacher ont raflé tous les titres mondiaux : 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004. La Scuderia était alors au sommet, mais elle dégringola brutalement l’année suivante. En cause : l’interdiction des changements de pneus pendant la course et ses effets sur la composition des gommes, qui affecteront Bridgestone et Ferrari mais conviendront parfaitement au tandem français Renault-Michelin.

Autre cas de bascule des performances au cours d’un hiver : 2009. La révision des paramètres aérodynamiques opérée cette saison-là (monoplaces plus étroites, aileron arrière rehaussé, aile avant abaissée, diffuseur relevé, appendices proscrits, etc.) a redistribué les cartes. Jadis dominatrices, McLaren et Ferrari ont été battues par Brawn GP et Red Bull, deux formations plus jeunes, aux moyens modestes.

DU TAUREAU À L’ÉTOILE

De 2010 à 2013, l’écurie de Christian Horner a profité du statu quo réglementaire pour écraser la concurrence, Sebastian Vettel empochant quatre titres mondiaux (comme son équipe chez les constructeurs). En 2014, pourtant, le Taureau ailé est tombé de son piédestal au profit de Mercedes, à l’occasion du passage aux V6 hybrides turbocompressés.

En remontant plus loin dans le temps, on peut trouver d’autres exemples de renversements consécutifs à des remaniements techniques, comme lorsque Williams perdit sa suprématie en 1998 face à McLaren, qui avait mieux appréhendé les nouvelles règles du jeu (châssis plus étroits, pneus rainurés), ou en 1994 face à Benetton après l’interdiction des assistances électroniques au pilotage.

Il existe bien sûr des contre-exemples (les campagnes 2006, 2007 et 2010 notamment), mais les statistiques des dix dernières années montrent que les changements majeurs de réglementation mettent presque toujours fin aux dominations.