home icon / Magazine / La F1 à l’heure française : les années 50

La F1 à l’heure française : les années 50

wimille-alfa-romeo-reims-1948

Non classé : Jean-Pierre Wimille

Enfin, concluons notre classement par un… inclassable. Sa disparition certes est survenue quinze mois avant la naissance de la Formule 1 mais on se dit que, s’il avait survécu à ce stupide accident en voulant éviter une femme et son landau lors des essais du Grand Prix d’Argentine 1949, Jean-Pierre Wimille serait certainement devenu le premier champion du monde français de l’histoire de la discipline, tant le gaillard était pétri de talent.

Ce Parisien, fils de journaliste, avait tout du héros national : pilote officiel Bugatti avant-guerre, double vainqueur des 24 Heures du Mans avec les légendaires Tank, lauréat du Grand Prix de Pau mais aussi saboteur émérite pendant le second conflit mondial, Jean-Pierre symbolisait la réussite à la française ! Une fois les croix gammées chassées de l’Hexagone, il remportera la première épreuve disputée après-guerre, qui sera également le dernier grand succès d’une Bugatti : la Coupe des Prisonniers, en hommage à son ami Robert Benoist, exécuté par les nazis à Buchenwald.

Il n’en faut pas plus pour que la renaissante Alfa Corse en fasse son porte-étendard dès 1946. Jean-Pierre va multiplier les victoires dans les plus prestigieux Grands Prix européens et s’imposer face à des ténors comme Nuvolari, Varzi, Trossi, Farina, Bira, Chiron et on en passe. Si le championnat du monde avait existé à l'époque, il aurait décroché plus d'un titre.