La F1 à l’heure française : les années 50

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#15 Jean Behra, 1951-1959, 53 GP (Meilleur résultat : 2e)

Toujours bien placé mais jamais vainqueur, et hélas toujours au bon endroit au mauvais moment. S’il est indéniablement le meilleur pilote français des années 50, Jean Behra n’a jamais eu ce grain de réussite que possèdent les grands champions. Le bouillant niçois débute sa carrière sur deux roues et devient même champion national de bécane. Et le coup de guidon se transforme vite en coup de volant, "Jeannot" rejoignant l’équipe Gordini pour 1951. C’est à la fin de cette même année où, profitant d’un forfait de Trintignant, il fait ses débuts en Mondial en prenant le départ du Grand Prix d’Italie.

S’il permet aux troupes parisiennes de remporter plusieurs victoires hors-championnat, Jean ne résiste pas à l’appel de Maserati pour 1955. La 250F est une bonne voiture mais insuffisante pour contrer les Mercedes de Fangio et Moss. La traversée du désert se poursuit en 56 où il est relégué au poste de numéro 2 suite à l’arrivée de Moss. Et que dire de 57 où, bien qu’il frôle la victoire à Aintree en menant jusqu’à 20 tours du but, il est éclipsé par le Maestro Juan Manuel Fangio ? Après une année de transition chez BRM, il pose son baluchon chez Ferrari. Les résultats ne correspondent pas aux attentes du duo franco-italien. Pire, Jean soupçonne Romolo Tavoni, directeur sportif de la Scuderia, de le défavoriser... L’abandon de Reims est la goutte qui fait déborder le vase : le Tricolore gifle son supérieur, lequel le limoge sur-le-champ !

Le Grand Prix suivant se déroule sur un rollercoaster berlinois : l’AVUS. Engagé pour une course annexe sur sa Porsche RSK, Jean perd le contrôle sur le banking de la boucle nord et va s’écraser contre une borne en béton. Il est tué sur le coup.