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Bob Bell, le chef d’orchestre

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À 26 ans d’intervalle, il a participé à la conception de la McLaren-Honda MP4-4 ainsi qu’à celle des Mercedes de l’ère hybride. Aujourd’hui directeur de la technologie de l’écurie Renault, Bob Bell coordonne le travail des ingénieurs d’Enstone et de Viry, en veillant à une parfaite intégration du moteur et du châssis. F1i a rencontré cette figure du paddock, aussi discrète que respectée.

© WRi2

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“DE LA MUSIQUE AVANT TOUTE CHOSE”

La sonorité rauque des V6, la palpitation des soupapes, le va-et-vient des pistons : voilà ce qui ravit le mélomane des circuits. Aux oreilles de l’un d’entre eux, pourtant, une autre mélodie s’impose : “Chostakovitch est mon compositeur préféré, confie à F1i Bob Bell, le directeur de la technologie de l’écurie Renault. La musique possède une réelle signification quand elle est portée par un contexte émotionnel. Et parmi tous les compositeurs modernes, Chostakovitch émerge comme celui qui a été façonné par une situation historique spécialement troublée, celle de l’Union soviétique. Sa musique exprime un état du sentiment comme nulle autre. Quand elle est portée à ce niveau, la musique dit quelque chose, raconte une histoire, elle peint un tableau.”

Peu connu du grand public, Bob Bell arpente pourtant le paddock depuis une trentaine d’années. Chez Renault, où il coordonne le travail des deux directeurs Rémi Taffin (moteur) et Nick Chester (châssis), il est le chef d’orchestre technique, celui qui donne le ton et veille à ce que Viry et Enstone jouent la même partition :

“Je contribue à donner une orientation au développement du châssis et du moteur, en veillant à ce que l’approche soit cohérente entre les deux sites. Les décisions stratégiques se prennent chaque jour, à différents niveaux. En théorie, cela peut être aussi simple que de trancher en cas de désaccord entre les collègues du châssis et ceux du moteur sur le parcours d’un conduit. Il se peut que je doive intervenir en disant : ‘Vous avez débattu, sans aboutir à une décision. Nous allons donc prendre cette direction-là.’ Moins cela arrive, mieux c’est. Heureusement, comme la relation entre Viry et Enstone est très forte, je dois très rarement faire ce genre d’arbitrage.”

“La prise de décision peut aussi s’exercer à un niveau plus élevé, par exemple sur la date à laquelle nous allons introduire une évolution du moteur, en fonction de la confiance que nous avons dans la maturité technique du projet. Je discute alors avec Rémi et les gens de son équipe. À ce niveau, il s’agit de donner le ton. Le véritable rôle du responsable technique, c’est de fournir ce genre d’orientation à toutes sortes de niveaux, de s’assurer que l’ensemble de l’équipe poursuit le même objectif.”