Par le

Ce Grand Prix de Belgique laisse un goût un peu inachevé dans la mesure où la course a été en partie décapitée par le carambolage monstre du premier virage. D'un côté on respire qu'aucun blessé ne soit à déplorer, de l'autre on regrette de ne pas avoir vu à l'oeuvre les Sauber au sommet de leur forme, la Williams de Maldonado (par qui le scandale est arrivé ?) et naturellement la Ferrari d'Alonso ou la McLaren de Hamilton.

Le leader du championnat a perdu gros en Belgique, mais la loi des séries finit toujours par s'arrêter. Avec 24 points d'avance sur un Vettel survolté, qui a magistralement mené une stratégie à un seul arrêt (comme le vainqueur), en remontant de la 10ème place sur la grille à la deuxième sur le podium. Kimi Räikkönen a parfaitement limité les dégâts au volant d'une Lotus moins performante que prévu en montant sur la troisième marche, ce qui lui permet de se rapprocher à un point de Webber (dont la course fut anonyme) et 33 du leader. Autant dire qu'avec huit Grands Prix encore à disputer, la course au titre est complètement relancée.

Après ce rendez-vous quelque peu tronqué avec le majestueux circuit de Spa-Francorchamps, dont certains ont habilement profité (comme les deux Toro Rosso miraculeusement dans les points), on est impatient de retrouver le temple de la vitesse à Monza où on en découdra dès la fin de semaine pour mieux évaluer la hiérarchie après la longue trêve estivale. McLaren a remporté les deux derniers Grands Prix, et pourtant l'équipe de Woking est théoriquement la moins bien placée pour l'emporter, même si la saison sera encore très longue.

La situation reste indécise et Ferrari va devoir réagir pour permettre à Fernando Alonso de défendre son leadership. La course volontaire de Felipe Massa, cinquième en Belgique, laisse entrevoir un potentiel prometteur de la F2012 par rapport à ses rivales, mais c'est la capacité de chaque écurie de développer ses monoplaces qui devrait faire la différence dans la dernière ligne droite qu'on espère franchir le plus tard possible.

Le principal événement de ce Grand Prix fut évidemment l'accident du départ et la sévère punition infligée à Romain Grosjean, déclaré coupable et ayant accepté sa responsabilité : 50.000 euros d'amende (la FIA a faim !) et surtout un Grand Prix de suspension, dès le week-end prochain à Monza. La pénalité était attendue étant donné le passé chargé du pilote franco-suisse. Gageons qu'elle portera ses fruits et que Jérôme D'Ambrosio, son supposé suppléant, fasse bon usage de la chance que lui procure la mésaventure de son équipier. Car ce genre d'opportunité n'est sans doute pas près de se représenter...

Pierre Van Vliet, depuis Spa-Francorchamps.