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Pilote remplaçant : mission impossible ?

le à 16:05

Sauter dans le baquet du pilote titulaire avec un seul Grand Prix pour trouver ses marques n’est pas une sinécure… À ce petit jeu, les échecs sont plus nombreux que les réussites, et celles-ci n’ont pas toujours les débouchés espérés.

La tâche s’annonce dès lors ardue pour Jérôme D’Ambrosio, qui prend la place de Romain Grosjean pour ce Grand Prix d’Italie. Avant de rouler vendredi en essais libres (15ème temps ce matin et 12ème cet après-midi) et samedi en qualifications (seizième chrono, à un peu plus d'une demi-seconde de Räikkönen), le réserviste de l’écurie Lotus n’avait effectué qu’une quarantaine de tours au Mugelo en mai dernier. Apprentissage des procédures, découverte de son ingénieur de piste Ayao Komatsu (qui épaule d’ordinaire Romain Grosjean), pression d’exploiter au mieux une monoplace connue pour être rapide : les défis ne manquent pas... Mais l’approche analytique et le solide bagage technique du Belge devraient lui permettre de signer une performance honorable, même si les points semblent difficilement accessibles.... Un certain Vitantonio Liuzzi, débarqué en 2009 chez Force India à Monza pour pallier le départ de Giancarlo Fisichella chez Ferrari, n'avait-il pas failli terminer cinquième, avant de devoir jeter l’éponge ?

Sans doute ne faut-il pas nourrir d’attentes démesurées envers un pilote n’ayant eu que quelques jours pour se préparer, car les remplacements au pied levé ont, historiquement, toujours été délicats. L’an dernier, si Bruno Senna avait remplacé Nick Heidfeld chez Lotus pour plusieurs Grands Prix (sans démériter mais sans faire mieux : deux points marqués au total), d’autres pilotes avaient dû prendre le train en marche pour une seule épreuve : Karun Chandhok était monté dans la Lotus de Jarno Trulli indisposé en Allemagne, alors que Pedro De la Rosa avait suppléé à Montréal un Sergio Pérez encore sonné par son accident à Monaco. Qui s’en souvient aujourd’hui ?... Dans les deux cas, les remplaçants n’avaient guère brillé (une 21ème place pour l’Indien et une 12ème pour l’Espagnol), ce qui n’est que logique, étant donné la quantité de procédures à suivre sur les monoplaces actuelles une réglementation interdisant tout roulage privé.

Badoer et Fisichella en savent quelque chose, eux qui avaient pris le volant de l’infortuné Felipe Massa en 2009 après son accident à Budapest : Luca avait terminé sa première course en rouge au 17ème rang et Giancarlo au 9ème (la même année, Romain Grosjean avait succédé à Nelsinho Piquet chez Renault, terminant 15ème pour son premier Grand Prix, alors que Jaime Alguersuari s’en était mieux sorti en s’installant dans le baquet de Sébastien Bourdais). Il semble hélas que dans cet exercice ultra particulier,  le talent du pilote pèse finalement peu dans la balance si l’on se rappelle l’intérim loupé de Jacques Villeneuve chez Renault fin 2004…

Quelques remplaçants pour un Grand Prix : Chandhok et De la Rosa en 2011 (en haut), encore De la Rosa, en 2005, et Heidfeld, en 2010 (en bas).

Bref, les exemples de remplaçants éclatants lors de leur première sortie sont rares. Le décidément polyvalent De la Rosa avait décroché une belle 5ème place à Bahreïn en 2005 au volant de la McLaren de Montoya, ce qui ne l’avait pas empêché d’être remplacé à son tour par Alex Wurz pour le Grand Prix suivant. Mission encore accomplie un an plus tard, au Grand Prix de France 2006, toujours pour suppléer Montoya (mis à l’écart après l’annonce de son départ pour l’Indycar), puisque Pedro décrocha la 7ème place (son équipier Räikkönen terminant 5ème)… Comme l’Espagnol, certains pilotes ont quasiment eu une deuxième carrière en tant que remplaçant, tel Nick Heidfeld, qui débarqua chez Sauber en 2010 pour reprendre le volant de… Pedro De la Rosa à partir du Grand Prix de Singapour (accrochage), puis chez Lotus-Renault l’an dernier en lieu et place d’un Robert Kubica blessé, avant d’être remplacé à son tour par Bruno Senna. Vous suivez toujours ?

Plus loin de nous, Mika Salo avait surpris le paddock en devant céder la victoire à son équipier Eddie Irvine au Grand prix d’Allemagne 1999, pour sa deuxième course chez Ferrari à la place de Schumacher blessé. Le Finlandais ne répétera toutefois jamais pareil exploit dans les quatre épreuves suivantes qu’il effectua pour le Cheval cabré. Au rayon des bonnes surprises, on peut aussi épingler le passage chez Benetton de Roberto Moreno en 1990 (deuxième au Japon derrière son équipier Piquet, alors qu’il avait échoué à se préqualifier durant toute la saison), ou le retour de Nigel Mansell chez Williams en 1994, même s’il fallu attendre sa dernière pige pour le voir gagner (au Grand Prix d’Australie).

On l’aura compris, l’exercice est hautement risqué, mais il ne se refuse pas…

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