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Les débutants ont-ils convaincu ?

Chaque année, une série de débutants, rookies comme disent les Anglo-saxons, arrivent en Formule 1, précédés soit de réputations flatteuses, 'winners' dans toutes les catégories menant à la F1, champions en devenir, (trop) vite décrits comme de nouveaux Senna ou de nouveaux Prost ; soit estampillés 'pilotes payants' ; soit les deux, prometteurs et étant bien soutenus.

Car ne nous voilons pas la face, un jeune aussi doué soit-il, sans le soutien d'un constructeur, d'un mécène ou d'un (gros) sponsor (prenez Pastor Maldonado qui est soutenu à hauteur de 30 millions d’euros par an par PDSVA, le pétrolier de l’Etat du Venezuela), n'accèdera pas à la Formule 1 sur son talent uniquement.

Ce phénomène n'est pas nouveau. Au début des années 70, Niki Lauda gravissait sans éclats avec les deniers familiaux les échelons le menant à la catégorie reine du sport automobile. Il se ruinait à se payer des volants chez March puis chez BRM en F1. L’Autrichien avait la réputation du pilote payant par excellence, avant de se faire remarquer par Enzo Ferrari lors du Grand Prix de Monaco 1973, lorsqu'il dut abandonner alors qu'il occupait la troisième place de l’épreuve au volant de sa modeste BRM. Lauda devint pourtant légendaire par la suite avec trois titres de Champion du monde (1975, 1977 et 1984).

Plus près de nous, Michael Schumacher lui-même dut trouver quelque 500.000 dollars pour financer son baquet chez Jordan afin de pouvoir disputer son premier Grand Prix, en Belgique, en 1991. La suite est connue, Schumi devenant pendant une décennie la référence, en faisant exploser toutes les statistiques (victoires, pole positions, podiums...) de la Formule 1.

Cette année, nous avons vu l'arrivée de deux vrais rookies, les Français Jean Eric Vergne et Charles Pic, et de deux quasi-débutants, Daniel Ricciardo (13 Grands Prix en 2011 sur une modeste HRT) et Romain Grosjean (sept Grands Prix à son actif au volant de la Renault il y a trois ans). Au vu de leur manque relatif d’expérience au volant d’une Formule 1, Grosjean et Ricciardo peuvent donc également être considérés comme des rookies à part entière cette saison. Faisons donc le bilan de leur première moitié de campagne 2012 dans le pinacle du sport automobile.

Romain Grosjean : Le Franco-suisse réalise une magnifique première moitié de saison. Il a bien sûr commis quelques erreurs, et cela le grandirait de les reconnaître, mais quel débutant n'en fait pas ? Il a par contre surpris par sa pointe de vitesse, se qualifiant régulièrement devant son très côté équipier Kimi Räikkönen, bien aidé, il est vrai, par une Lotus très compétitive sur tous les types de circuit. Encore faut-il cependant savoir en faire bon usage, et Romain n’a pas déçu à cet égard, signant ses premiers podiums et se révélant comme un vainqueur potentiel lors de bon nombre de Grands Prix.

Jean-Eric Vergne et Daniel Ricciardo : Les deux sociétaires de Toro Rosso sont de grands espoirs de la Formule 1. Pour leurs débuts en catégorie reine, ils sont toutefois desservis par une Toro Rosso qui déçoit ; ils peinent à recoller aux Sauber, Force India et Williams, ce qui les empêche de marquer des points avec régularité.

En qualifications le samedi après-midi, Ricciardo devance nettement Vergne, le devançant à neuf reprises en 11 Grands Prix disputés. En course, par contre, JEV fait montre de réelles qualités de battant. Franz Tost, le team principal de l'écurie, semble satisfait de ses deux pilotes, indiquant qu'ils font tous les deux "un bon boulot". Une seconde année, au volant d’une Toro Rosso compétitive cette fois, sera nécessaire pour voir réellement éclore ces deux grands talents.

Charles Pic : Arrivant en Formule 1 avec quelques beaux résultats en GP2 Series, et le soutien conséquent du groupe Lagardère, Pic a fait mieux que se défendre au volant de la très modeste Marussia. Prenant vite ses marques, le Français a rapidement fait jeu égal avec l'expérimenté Timo Glock et l'a même devancé à plusieurs reprises.

Pour un jeune pilote dans une écurie modeste, l’objectif consiste à devancer le plus régulièrement possible son équipier, afin de se faire respecter dans son écurie et de se forger une réputation dans le paddock. Pic a donc rempli son contrat à la mi-saison.

 

La deuxième moitié de saison s'annonce passionnante, prochain rendez vous sur le mythique circuit de Spa-Francorchamps, où nos rookies auront à cœur de se mettre en évidence.


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