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L’analyse de Jacky : “L’ingénieur et ses trois champions”

le à 22:50

En exclusivité pour F1i, l’ingénieur Jacky Eeckelaert, qui a travaillé pour les écuries Jordan, Prost GP, Sauber, Honda et dernièrement HRT (avant de rejoindre cette année le championnat du monde FIA d’endurance) vous livre son avis d’expert sur les Grands Prix.

Aujourd’hui, il revient pour nous sur le Grand Prix d’Europe, remporté par le régional de l’étape, Fernando Alonso, au terme d’une course riche en rebondissements.

Sur le podium, trois Champions du monde… et leur ingénieur

“J’ai été très heureux du podium de Valence. Pas seulement parce que la course s’est révélée être un suspense digne de Hitchcock, grâce à aux abandons surprenants de Vettel et Grosjean, mais aussi parce que s’y trouvait Andrea Stella, entouré de trois pilotes avec lesquels il a un jour travaillé. Avant d’être l’ingénieur de piste d’Alonso aujourd’hui, Andrea s’est chargé de l’exploitation des voitures de Schumacher et de Räikkönen, toujours chez Ferrari. J’ai fait sa connaissance quand je travaillais chez Sauber (motorisée par Ferrari à l’époque, avant la période BMW) et qu’il débarquait, jeune ingénieur, dans l’équipe d’essais. Comme nous faisions à l’époque pas mal de tests privés, on a sympathisé petit à petit, au point que quand Kimi a signé pour la Scuderia en 2007, il est venu me demander comment était ce garçon taciturne, puisque j’ai été son premier ingénieur quand il est arrivé en F1, en 2001. Andrea est un gars sympa et un bon ingénieur. Sa présence montre aussi que, contrairement au podium très jeune de Montréal (avec Hamilton, Grosjean et Pérez, qui ont tous couru en GP2), celui de Valence, avec ses trois Champions du monde et ses dix titres, est plus vieux de dix ans en moyenne (25 ans et 3 mois au Canada, contre 35 ans et 8 mois en Espagne).”

Red Bull a retrouvé son niveau

“Les évolutions apportées par Red Bull à Valence se sont montrées très payantes. Cela fait longtemps qu’on n’avait pas vu une monoplace dominer aussi facilement ses rivales : on se serait presque cru l’an passé, quand Vettel écrasait la concurrence. Newey et les bureaux d’études de Milton Keynes ont bien travaillé et ont regagné leur avantage. Ils ont clairement fait un pas que n’ont pas accompli leurs concurrents. Bien sûr, on ne sait pas ce qui se serait passé sans l’abandon, notamment au niveau de l’usure des pneus (car on a souvent vu des chutes brutales, comme celle d’Hamilton cette fois-ci, ou celles d’Alonso au Canada ou de Räikkönen en Chine), mais ils ont clairement franchi une étape. Au classement, ils se détachent tranquillement, mais se détachent tout de même, avec 39 points d’avance sur McLaren.”

Quelques chiffres

“Bon, vous le savez, les chiffres, c’est mon truc ! Sans vous assommer, je trouve assez significatif que les quatre premiers du championnat des pilotes se tiennent en à peine plus d’une victoire : 26 points séparent Alonso de Vettel, qui a perdu gros. L’autre perdant arithmétique du week-end, Romain Grosjean, occupe malgré tout la septième place, derrière Kimi : les deux pilotes Lotus précèdent Button et Maldonado, qui eux ont pourtant remporté un Grand Prix ! Ce qui montre bien que la régularité paie. On le voit d’ailleurs au classement des constructeurs. Derrière Red Bull et McLaren, Lotus occupe une superbe troisième place, sans victoire mais en étant régulier. Enstone devant Maranello, c’est sympa, même si la Scuderia n’a presque qu’un seul pilote qui marque pour elle (100 points d’écart entre Alonso et Massa après huit Grands Prix !).”

Le ratage de Mercedes

“Le podium de Michael Schumacher, fantastique pour lui, ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Mercedes s’est complètement plantée en stratégie. D’abord en tentant une option à un seul arrêt pour Nico Rosberg (sans ça c’est lui qui serait monté sur le podium à mon avis), et ensuite en restant en piste alors que la safety car était rentrée et que tous les autres rentraient pour changer de pneus… Heureusement pour Brawn et ses hommes, les abandons de Vettel, Hamilton et Maldonado ont permis à Michael de remonter dans la hiérarchie, jusqu’au podium, mais je n’ai pas compris leur stratégie.”


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