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F1imminent : Les enjeux du Grand Prix d’Italie

le à 11:58

Troisième victoire d’affilée pour McLaren ?

Depuis les évolutions apportées au Grand Prix d’Allemagne, la MP4/27 est devenue la monoplace la plus rapide du plateau. A son actif depuis lors, une deuxième place à Hockenheim et deux victoires sur des circuits aussi différents que le Hungaroring et Spa. Certes, avec ses lignes droites interrompues par des chicanes, Monza est un tracé sans équivalent (il réclame un package aéro spécifique, avec un nouveau jeu d’ailerons), mais la domination des Gris lors des dernières courses a été tellement écrasante qu’ils partent favoris pour la victoire. D’autant que Button y a terminé les trois dernières éditions à la deuxième place et que, l’Autodromo di Monza exigeant le moins d’appui possible (on y roule à 340 km/h), Hamilton ne devrait pas hésiter longtemps au moment de choisir son aileron arrière…

Une victoire de Lewis Hamilton ou Jenson Button porterait à quatre le nombre de pilotes 2012 ayant remporté le Grand Prix d’Italie. Curieusement, en effet, seuls trois pilotes de la cuvée 2012 sont montés sur la première marche du podium italien : Michael Schumacher (avec cinq victoires), Fernando Alonso (deux succès en 2007 et 2010) et Sebastian Vettel (en 2008 sur la modeste Toro Rosso et l’an dernier). Dans l’optique du championnat, les 25 points de la victoire sont essentiels au roi du tweet Hamilton s’il veut rester dans la lutte pour le titre (son retard est demeuré à 47 points, alors que Vettel a réduit le sien de moitié…). Distancé au classement, confronté à un équipier en confiance et en pleine négociation de son contrat, Lewis ne devra pas se mettre trop de pression ni partir à la faute, sur un circuit où les accidents sont nombreux, surtout dans la première chicane, où les voitures passent de 340 km/h à 80 km/h en seulement 150 mètres ! Quelques jours après le “strike” de Grosjean au départ du Grand Prix de Belgique, on espère ne pas revivre à Monza le crash qui avait vu la Force India de Liuzzi percuter violemment Rosberg et Petrov l’an passé…

Défi technique

Exigeant avec les gommes, Monza demande aussi beaucoup aux moteurs et aux freins. Les monoplaces passent en effet 75 % du temps à pleine charge d’accélération, et environ 15 % du temps à bloc sur les freins. Des freinages intenses, mais assez brefs, ce qui n’est pas sans pénaliser le fonctionnement du KERS : “Le KERS est également un domaine sur lequel il faut s’attarder à Monza, afin d’obtenir de la puissance en bout de ligne droite dans le but d’offrir des possibilités de dépassement, explique Rémi Taffin, responsable des opérations de piste de Renault Sport F1. Par contre, récupérer l’énergie pour utiliser ce système n’est pas simple sur ce circuit. Il n’y a que deux réelles zones de freinage qui doivent permettre de recharger le dispositif pour un tour complet.”

Encore des surprises ?

C’est bien sous le signe de l’imprévisibilité qu’est placée cette saison. Après la première ligne surprise de la Sauber de Kamui Kobayashi à Spa (juste devant la Williams de Pastor Maldonado), quelle sera l’événement imprévu en Italie ? Sur le papier, les McLaren sont les mieux placées. Mais on a vu des Red Bull particulièrement véloces en course, beaucoup plus à l’aise bien qu’en qualifications. Au volant d’une RB7 relativement peu rapide en pointe, mais avec une transmission intelligemment étagée pour la réaccélération (qui empêchait ses poursuivants de se rapprocher après les chicanes), Sebastian Vettel s’était malgré tout imposé en 2011 à la faveur d’un dépassement musclé sur Fernando Alonso à l’extérieur de la Curva Grande… Le Champion du monde en titre excelle dans la position du chasseur (souvenez-vous du championnat 2010, qu’il remporta alors qu’il était en plus mauvaise posture qu’aujourd’hui). Plus que Webber, Sebastian est capable d’extraire le dernier carat de sa machine et de gagner de nombreuses positions par l’autorité de ses dépassements.

A côté du Taureau rouge, il faut aussi compter sur le Cheval cabré, qui compte comme lui trois victoires cette saison (pour quatre à McLaren). Certes, la F2012 est la plus lente des machines de pointe, mais le dépassement de Felipe Massa sur Mark Webber en Belgique a montré que la Rossa s’en tirait plutôt bien dans les courbes rapides. A son volant, nul doute que Fernando Alonso (qui dispose d’un V8 neuf de plus que ses rivaux après son abandon à Francorchamps) sera galvanisé par les tifosis sur les terres de Maranello.

Quoi qu’il en soit, les qualifications seront cruciales, car un pilote qui se retrouve derrière une monoplace rapide en ligne droite mais lente sur un tour complet risque de voir sa stratégie ruinée, comme l’an passé Hamilton bloqué derrière Schumacher (même si Button avait, lui, réussi à le doubler).

A fond la gomme

Le circuit de Monza comporte trois secteurs où les demandes sont particulièrement élevées sur les pneus : la fameuse première chicane (qui se caractérise par un gros freinage en pente légère), les courbes Ascari (avec plusieurs brusques changements de direction) et la fameuse Parabolica (un large virage à angle ouvert imposant de grosses charges latérales sur les pneus). Pirelli y apportera donc la même combinaison qu’à Spa : les médiums blancs et les durs argentés. Comme la vitesse moyenne est élevée, de gros gains de temps peuvent être enregistrés si l’on exploite judicieusement les pneumatiques, ce qui ne sera pas aisé avec le risque de surchauffe due à la vitesse de rotation nettement plus élevées qu’ailleurs.

La stratégie jouera donc un rôle primordial : “Les températures ambiantes peuvent être très élevées en Italie, ce qui place encore plus de contraintes sur les pneus, analyse Paul Hembery, le directeur de Pirelli Motorsport, qui sera à domicile dimanche. Nous devrions assister à deux arrêts aux stands. La stratégie avait été l’un des ingrédients de base pour la victoire l’an dernier, les places du podium ne se décidant que dans le dernier tour. Nous nous attendons à la même chose cette année. Avec les autos à pleine charge d’accélération pendant si longtemps, il est difficile pour qui que ce soit d’acquérir une grosse avance sans tirer parti d’une bonne stratégie.” En Belgique, Button et Vettel avaient été les seuls pilotes du top 10 à avoir fait le pari d’un seul changement de pneus. Ici, la plupart opteront pour un pitstop unique (pour chausser des durs entre le 20ème et le 23ème tour), car un passage par les stands est relativement coûteux à Monza (22 secondes).


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