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F1imminent : Les enjeux du Grand Prix de Singapour

le à 16:00

Un Grand Prix éprouvant

Dans la nuit de Singapour, les hommes souffrent autant que les machines. Par une chaleur moite et sur une piste très bosselée, les pilotes négocient 23 virages par tour durant 61 boucles à parcourir dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, soit… 1400 virages en près de deux heures (1 h 59 l’année dernière), au volant de monoplaces plus lourdes que d’ordinaire car gavées d’essence (environ 155 kilos, soit 10 de plus qu’en moyenne). Avec l’humidité, la chaleur et les secousses permanentes, il s’agit d’une expérience physique des plus difficiles pour les pilotes.

Lors de ce Grand Prix, le plus long de la saison, les mécaniques sont également mises à rude épreuve, particulièrement les freins (qui ont du mal à refroidir sur ce tracé d’accélération/freinage dépourvu de longue ligne droite) et les batteries du KERS. Y aura-t-il autant d’abandons que lors de la manche précédente, en Italie, marquée notamment par les retraits de Button et Vettel ? Il faudra en tout cas que Renault ait résolu ses problèmes d’alternateur, apparemment provoqués par un régime moteur bas dans les virages lents, sur un circuit où la vitesse en courbe est justement l’une des plus faibles de la saison (105 km/h)…

Quel favori ?

Avec trois victoires lors des trois derniers Grands Prix depuis la pole position, McLaren a réduit de 41 points son retard sur Red Bull au classement des constructeurs et fait figure d’ultra favorite. Elle est l’équipe qui a remporté le plus de courses cette année (5 en 13 épreuves), et Lewis Hamilton excelle d’ordinaire sur les tracés urbains. S’il veut rattraper son déficit au championnat, il devra s’imposer, sans commettre de faute sur un tracé très piégeux.

Un circuit sur lequel le leader du classement Fernando Alonso a toujours été à l’aise, puisqu’il a terminé les quatre éditions précédentes premier (2008, dans des circonstances pour le moins contestables), troisième (2009), premier (2010) et quatrième (2011). Au volant d’une F2012 qui a pu bénéficier de trois journées d’essais à Magny-Cours (ce qui n’est pas le cas de la McLaren ni de la Red Bull), l’Espagnol est un candidat très sérieux à la victoire, même si la Rossa ne tire pas la quintessence des super tendres.

Ses collègues de chez Lotus devraient également être performants, car la E20 s’est montrée agile à Monaco, Budapest et Valence, ce qui est un bon indicateur pour Singapour, d’autant qu’elle exploite à merveille les enveloppes les plus tendres et qu’elle sera équipée d’un nouvel aileron arrière décuplant le gain offert par le DRS.

Le poids de la stratégie

Pirelli apportera à Marina Bay la même combinaison qu’à Monaco et Montréal : des tendres et des super tendres. L’an passé, les quatre premiers avaient observé trois arrêts chacun, avec un premier et un dernier relais avec les gommes les plus tendres et les deux runs intermédiaires en pneumatiques tendres. Mais la performance de Paul Di Resta lors de cette édition 2011 (passé de la dixième place de grille à la sixième à l’arrivée avec une stratégie à deux arrêts) pourrait inspirer Lotus et Sauber, dont les machines usent peu leurs pneumatiques, ce qui procure un avantage significatif avec les super tendres. Sergio Pérez a déjà brillamment exploité une stratégie à un arrêt de moins à Monza (2ème) et à Montréal (3ème, derrière Romain Grosjean).

Un paramètre important sera le temps nécessaire pour un arrêt aux stands, très long à Singapour : 26 secondes à cause d’une vitesse limitée à 60 km/h dans la pitlane de 404 mètres. Sans oublier la voiture de sécurité : “Un facteur pouvant certainement entrer en jeu est la voiture de sécurité, confirme Paul Hembery, le directeur de Pirelli Motorsport. Elle a été nécessaire lors de tous les Grands Prix qui se sont tenus à Singapour jusqu’à présent depuis 2008. Cela signifie que les stratégies doivent être flexibles afin de pouvoir bénéficier de n’importe quelle neutralisation potentielle.” Lors des quatre éditions, la safety car est en effet entrée en piste à six reprises. De quoi pimenter la quatorzième manche d’une saison déjà riche en suspense. Quel contraste avec 2011, où Sebastien Vettel comptait, après sa victoire dans la nuit singapourienne, 124 points d’avance sur son dauphin d’alors, Jenson Button. Malgré l’avance confortable d'Alonso, tout reste possible : si Lewis l’emporte et que Fernando est contraint à l’abandon, le Britannique ne compterait plus que douze points de retard…


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