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Équipiers : qui rapporte des points ?

le à 12:00

La dure réalité des chiffres est ainsi faite : en fin de compte, peu importe les circonstances (abandons, accrochages), ce sont les chiffres – en l’occurrence les points inscrits – qui marquent les mémoires.

De ce point de vue, le renouvellement du contrat de Mark Webber chez Red Bull en début de semaine s’éclaire d’un jour nouveau quand on compare la quantité de points ramenés par chaque pilote par rapport à son équipier. Car c’est bien le duo Red Bull qui est le plus homogène, puisque ses deux pilotes ont marqué quasiment le même nombre d’unités. Certes pas dans le sens attendu, puisque c’est Sebastian Vettel qui accuse un retard sur son collègue australien, mais avec un écart très faible. Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, Vettel a ainsi inscrit 86,2 % des points marqués par Webber (sans sa panne d’alternateur au Grand Prix d’Europe, il serait sans doute à égalité avec le vainqueur de Silverstone).

L’autre écurie où les pilotes contribuent de façon relativement homogène au total de points se situe du côté d’Enstone, où Romain Grosjean a marqué 73,5 % des points de Kimi Räikkönen. Grâce aux points inscrits par celui qui était vu en début de saison comme le numéro deux d’Iceman (et qui se révèle en réalité son égal en piste), Lotus occupe une belle troisième place, même sans être montée sur la plus haute marche du podium, devant McLaren Mercedes.

A Woking, précisément, c’est tout le contraire : Jenson Button ne possède que la moitié des points (54,3 %) de Lewis Hamilton. Hormis son abandon à Bahreïn (dû à une rupture au niveau des échappements), le grand rouquin n’a pas été particulièrement frappé par la malchance (à la différence de Michael Schumacher par exemple), mais souffre d’un réel déficit de compétitivité, voire de motivation (voir à ce sujet notre newsletter). Sa faible contribution explique la quatrième place de McLaren au classement provisoire des constructeurs, en deçà des standards des Gris…

Meilleur élève que Button, Nico Hülkenberg réalise, loin des caméras, une très belle saison. Troisième pilote l’an dernier, le jeune Allemand a réussi à se hisser pas loin du niveau du très coté Paul Di Resta (qui battit Vettel en F3 dans sa jeunesse) en marquant 63 % des points ramenés par l’Ecossais à Force India.

En dessous de ce pourcentage, on trouve des situations très contrastées. Des déceptions (Bruno Senna, Kamui Kobayashi et, dans une moindre mesure, Daniel Ricciardo) et un cas non significatif : celui de Michael Schumacher. Si le tableau indique que le septuple Champion du monde n’a marqué que 30,7 % des points inscrits par son voisin de stand, Nico Rosberg, il méconnaît le fait que Schumi est frappé par une malchance noire cette saison. Ainsi a-t-il dû renoncer à cause d’une mécanique défaillante en Australie (transmission), en Chine (roue), à Monaco (pression essence) et au Canada (aileron arrière bloqué), sans oublier un accrochage avec Senna en Espagne.

Si Schumacher possède des circonstances pour le moins atténuantes, ce n’est pas le cas de Felipe Massa, lanterne rouge de ce classement. Jusqu’à présent, le Brésilien a inscrit à peine 17,8 % des points marqués par Fernando Alonso. C’est beaucoup moins que les saisons précédentes : Felipe avait marqué 46 % des points de Fernando l’an dernier et 57,1 % en 2010. Au moment où le contrat du Pauliste arrive à échéance, un si faible rendement doit préoccuper les têtes pensantes de Maranello. Certes, la Scuderia observe une politique de pilote numéro un (Alonso est le leader de l’écurie, bien davantage que Domenicali) et semble peu préoccupée par sa positon au championnat  des constructeurs (puisqu’elle gagnera plus que l’équipe sacrée Championne du monde, en vertu d’un “extra” qui lui est versé au titre des “services rendus à la F1”), mais tout de même…

Avec une compétition très serrée, des contre-performances qui passaient inaperçues auparavant coûtent cette année très cher en points. Si Massa maintient son niveau de compétitivité récent (depuis Monaco), il a de fortes chances de rester. Mais s’il s’infléchit, d’autres candidats que Webber pourraient être courtisés par le Cheval cabré (sur le papier : Pérez, Hülkenberg, Kovalainen, Di Resta et, improbable, Hamilton). Reste que seuls les ingénieurs de Ferrari possèdent les données suffisantes pour connaître précisément le réel niveau de performance de Massa, qui faillit être Champion du monde à une vingtaine de secondes près en 2008. Sa deuxième moitié de saison devra être parfaite s’il veut rester en rouge – voire tout simplement en F1 – l’an prochain.


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