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L'Autodrome de Monza va être au centre du monde ce week-end, accueillant le Grand Prix d'Italie de F1 comme c'est le cas depuis 1950 (seule l'édition 1981 eut lieu à Imola). De très nombreuses courses sont restées dans les mémoires, de préférence quand une Ferrari remportait la victoire, déclenchant l'hystérie chez des hordes de tifosi déchaînés. Mais la plus émouvante, et de loin, eut lieu le 11 septembre 1988, trois semaines après le décès du Commendatore Enzo Ferrari.

Cette saison-là, pourtant, était archi-dominée par les McLaren-Honda de Prost et Senna, victorieuses des dix premiers Grands Prix. Ayrton signa une nouvelle pole position à Monza devant Alain et les deux Ferrari de Berger et Alboreto. La course se déroulait comme prévu, avec les bolides rouge et blanc caracolant en tête, sauf qu'au 35e tour celui d'Alain Prost s'immobilisa, moteur cassé. En tête avec une avance confortable, son équipier brésilien n'avait plus qu'à se laisser glisser jusqu'à la ligne d'arrivée. A deux tours de la fin, toutefois, Ayrton se montra impatient pour doubler la Williams de Jean-Louis Schlesser à l'entrée de la chicane. Le Français remplaçait Nigel Mansell, souffrant de la varicelle, et il manquait d'expérience en F1. Il tenta de dégager la trajectoire en voyant Senna plonger au freinage, mais les deux voitures s'accrochèrent et la McLaren resta plantée sur la bordure extérieure...

Dans le dernier tour, la foule de Monza comprit soudain qu'on allait assister à un doublé Ferrari ! Il y avait bien un dieu pour la "Rossa" et l'hommage rendu à Enzo Ferrari fut poignant, quand Gerhard Berger et Michele Alboreto montèrent sur le podium sous les hourras des tifosi. Les McLaren allaient continuer sur leur lancée et remporter 15 des 16 manches du Championnat du monde cette année-là. Mais pas Monza, chasse gardée de la Scuderia.

Pierre Van Vliet, depuis Monza.