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Les circuits de légende #4 : l’enivrant toboggan de Zeltweg

le à 14:18

Successeur désigné d’un circuit tracé sur l’aérodrome militaire voisin qui n’avait jamais réellement convaincu la Formule 1, l’Österreichring devient le majestueux théâtre du Grand Prix d’Autriche en 1970, une première édition remportée par Jacky Ickx sur Ferrari après l’abandon du héros local Jochen Rindt (Lotus). Étourdissant et diablement rapide, la piste nichée dans les collines de Spielberg sera mise au ban après l’édition de 1987 en raison du manque de dégagement offert aux pilotes et de sa sécurité précaire.

Construit au pied des montagnes autrichiennes, l’Österreichring sort de terre en 1969 non loin de l’aérodrome de Zeltweg, qui avait accueilli la F1 en 1964. Hôte du Grand Prix d’Autriche dès l’année suivante en 1970, le splendide circuit suscite immédiatement l’admiration des pilotes. Ses dénivellations surdimensionnées, ses virages abrupts et ses vitesses moyennes colossales en font le tracé le plus rapide du calendrier derrière l’inévitable Monza. Mais contrairement à la piste italienne, l’Österreichring ne comporte aucune zone de ralentissement, le virage le plus lent étant pris en quatrième vitesse. Ajoutez à cela l’absence totale de dégagement dans les très véloces courbes de Bosch ou de Vöest-Hügel et vous obtenez un circuit d’homme où le moindre relâchement vous condamne aux accessits.

Rendu de plus en plus extrême par les progrès incessants des monoplaces, le circuit autrichien va progressivement dévoiler des failles qui conduiront à son inéluctable abandon. Bien que fantastique, le site champêtre des collines de Styrie accumulent des défauts que la F1 ne parviendra plus à accepter. Des champs totalement vierges de protection officient en tant que zone de dégagement quand de simples barrières de sécurité viennent punir les aventureux dans les virages les plus rapides et dangereux du circuit. 

Si l’Österreichring est épargné par les catastrophes en dépit de conditions souvent apocalyptiques, en témoigne l’édition de 1975 remportée brillamment par Vittorio Brambilla au nez et à la barbe des plus grands, la mort de Mark Donohue l’année suivante marque un tournant dans l’histoire du tracé autrichien. Désormais amputé de son virage le plus rapide (Vöest-Hügel), le circuit garde néanmoins un charme et une atmosphère inimitables qui offriront au public des courses palpitantes. De l’héroïque succès de John Watson (1976), en passant par les débuts triomphants d’Alan Jones et de Shadow (1977) en passant par l’ultime victoire de Ronnie Peterson (1978) ou encore de l’étourdissant final de 1982 entre Keke Rosberg et Elio De Angelis, l’Österreichring régale les passionnés de course automobile. "C’était un circuit de couillu", admet volontiers Watson.

Pourtant, l’effroyable accident de Stefan Johansson en 1987 (heurté par un chevreuil à pleine vitesse), l’abominable pirouette d’Andrea de Cesaris sur le talus (1985) et le double carambolage du départ du dernier Grand Prix (dû à l’extrême étroitesse de la ligne droite des stands) entraîneront sa perte. Délaissé par la F1, l’Österreichring reviendra dans une version profondément modifiée dix ans plus tard. Totalement dénaturé et castré par Hermann Tilke, le désormais A1 Ring ne suscitera jamais la même émotion que son illustre aîné et partira aux oubliettes en 2003 après le peu glorieux doublé de Ferrari l’année précédente. Récemment modernisé et rebaptisé Red Bull Ring (du nom de son nouveau propriétaire), le circuit autrichien a un moment été cité comme candidat au 20ème Grand Prix en 2013 avant que la trop faible infrastructure hôtelière de la région ne plombe définitivement ses chances de revenir au calendrier.


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