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La course de leur vie #9 : Hector Rebaque, Argentine 1981

le à 10:13

Hector Rebaque (son second prénom est... Alonso !) est l’archétype du pilote payant en F1. Au point d’avoir fondé, en 1978-1979, sa propre écurie, financée par les pesos de son richissime industriel de père. Il fut ainsi le dernier vrai privé parmi l’élite.

Sa carrière, courte (41 Grands Prix en cinq ans), n’a guère marqué les esprits. Le Mexicain n’avait pas le talent nécessaire pour se mesurer aux cadors des Grands Prix. Pourtant, en certaines occasions en 81, il fit montre - certes au volant d’une des meilleures machines du lot - d’un potentiel insoupçonné.

Il débute assez tard (15 ans), milieu des années 70, dans des courses nationales de rallycross, puis en monoplace, en Formule Atlantic des deux côtés de l’océan, en F2 et même aux 24 Heures du Mans 74. A 21 ans, grillant les étapes, il se paie un volant en F1, avec la périclitante écurie Hesketh. En six tentatives, il ne se qualifie qu’une fois, en Allemagne (24ème et dernier, abandon en course). Loin d’être découragé mais n’ayant suscité l’intérêt d’aucun team manager, Hector persévère en 1978 avec son propre team. Il a racheté à Chapman une Lotus 78 ex-Andretti. Une excellente auto, qu’il ne qualifie que neuf fois sur seize. Le début de saison est calamiteux, au Brésil il renonce même sur... fatigue. Vient alors le miracle d’Hockenheim : 18ème sur la grille - sa meilleure qualification de l’année -, il finit 6ème et décroche son premier point.

L’année suivante, il acquiert à nouveau une Lotus, le modèle 79 qui vient d’être champion du monde, mais les résultats ne décollent pas. Alors Rebaque décide de faire construire sa propre auto. Sorte de croisement entre la Lotus et une Williams FW07, la HRT 100 est dessinée par John Barnard et conçue dans les ateliers britanniques de Penske, excusez du peu ! Le résultat est désastreux : une seule qualification en trois tentatives. Le Team Rebaque a vécu. Sans baquet début 1980, Hector prend le train en marche à mi-saison chez Brabham, à la place du tout aussi fortuné mais encore moins bon Argentin Ricardo Zunino. Alors à la tête de l’équipe, Bernie Ecclestone attend juste de l’équipier de Piquet qu’il alimente les caisses. Le Mexicain connaît une progression régulière, qui culmine avec une sixième place à Montréal. Maintenu en 1981, à bord de la fantastique BT49 due au crayon de Gordon Murray et que Nelson mènera au titre, il finit quatrième à Imola, Hockenheim et Zandvoort, cinquième à Silverstone et dixième du championnat avec 11 points, 39 de moins que son leader. Sa meilleure campagne en dépit d’une non-qualification à Monaco, la dernière aussi : Brabham s’est lié à BMW et a besoin d’un second de qualité, son sponsor Parmalat pousse pour un Italien, qui sera Patrese.

Obtenir un podium n’aurait pas changé grand-chose. Ce podium, le Mexicali le mérita une fois cette année 1981, en Argentine. Septième de la première séance chronométrée à deux secondes du poleman provisoire (son équipier), il gagne une place et quelques dixièmes le lendemain, à 1,435 du Brésilien quand même. Sixième : les meilleurs essais de sa carrière, perf’ qu’il égalera au Canada. Sur le tracé de Buenos Aires, la Brabham et ses démoniaques jupes mobiles dominent outrageusement. Piquet ne sera jamais menacé malgré les généreux efforts de l’idole locale, Reutemann. La sensation vient de Rebaque. Septième à la fin du 1er tour, il avale Arnoux (Renault) au 2ème, Patrese (Arrows) au 3ème. Dans le 6ème, il s’en prend victorieusement à Jones (Williams), champion en titre. Au 11ème, Prost (Renault) ne peut lui résister. Et voilà qu’au 15ème, il passe Reutemann (Williams). Une chevauchée fantastique vers la deuxième place, qui prend hélas fin dans le 33ème tour, sur défaillance électrique. Non sans avoir signé le troisième meilleur tour en course.

On ne reverra Hector Rebaque en F1 qu’à l’occasion de la Race of Champions 83, à Brands Hatch. Entre-temps, passé en CART sur une March de chez Forsythe, il enlève l’unique et chanceux succès de sa vie en compétition à Elkhart Lake, en 82, mais est aussi victime de plusieurs accidents, dont un très sérieux sur l’ovale de Michigan. Echaudé, le Mexicain prend sa retraite. Il a aujourd’hui 56 ans, et est reconverti dans les affaires et l’architecture.

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