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Et si Gilles avait survécu ?

le à 9:49

Trente ans après la mort de Gilles Villeneuve, le mystère plane toujours autour de l'état d'esprit du pilote québécois dans les jours, les semaines et même les mois qui ont précédé le drame de Zolder. On sait que la cohabitation avec son équipier Didier Pironi devenait délicate, le pilote français ayant compris qu'il ne battrait pas Villeneuve à la régulière, en vitesse pure, et qu'il valait mieux prendre l'ascendant sur lui au sein de l'équipe.

Le directeur sportif de la Scuderia, Marco Piccinini, avait même été le témoin du mariage du Français à l'intersaison (célébré par le jeune maire de Neuilly, un certain... Nicolas Sarkozy !), montrant ainsi une grande complicité. A contrario, il ne cachait plus une certaine lassitude face aux "figures" du Canadien, dont les performances allaient trop souvent - selon lui - en dents de scie.

La trahison d'Imola, où Didier Pironi brisa le pacte qui voulait que les pilotes Ferrari restent sur leurs positions en cas de doublé, a été tolérée par Piccinini et même par le Commendatore en personne. "Je peux comprendre la frustration de Villeneuve", déclara Enzo Ferrari à l'époque, sans pour autant condamner la manoeuvre de Pironi.

On connait la suite : Villeneuve furieux, à la fois de se sentir trahi par son équipier et pas soutenu par son équipe, relança le projet de "Team Villeneuve" imaginé l'hiver précédent, avec Gérard Ducarouge comme directeur technique et son ancien compagnon d'écurie Jody Scheckter à la direction sportive. Au lieu de moteurs Renault, comme prévu à l'origine, il fut même question de moteurs Ferrari, alors que Maranello n'avait jamais partagé ses mécaniques auparavant. Selon notre collaborateur italien Alfredo Filippone, témoin des événements de Zolder en 1982, Villeneuve aurait eu le feu vert du Commendatore pour cette collaboration inédite. Plus de détails sur cette histoire méconnue dans la chronique d'Alfredo dans le dernier numéro de F1i Magazine actuellement en kiosque.

Si Gilles avait survécu au sursaut d'orgueil suicidaire du 8 mai 1982 (il était reparti avec des pneus usés, sans aucune chance de battre le chrono établi par Pironi en pneus neufs), il aurait vraisemblablement quitté la Scuderia en 1983 pour emmener sa propre écurie. A condition évidemment de gommer l'accident de Didier à Hockenheim, qui décima Ferrari à l'été 1982. Avant même ce tragique coup du sort, Pironi semblait rongé par le remords à propos de la mort de Villeneuve. La suite lui réserva une fin peu enviable, faites d'opérations multiples et de longues périodes de convalescence durant lesquelles il plongea parfois dans une profonde déprime.

En 1987, après s'être essayé au volant d'une AGS et même d'une Ligier, Didier Pironi comprit qu'il ne pourrait plus jamais courir en F1. Il se lança alors à corps perdu dans les courses d'offshore, en allant au bout de sa passion pour se crasher en mer, au large de l'île de Wight, à la fin de l'été 1987, il y aura bientôt 25 ans. Quelques mois plus tard, sa veuve Catherine donna naissance à deux jumeaux. Elle les a prénommés Didier et Gilles.

Consultez notre galerie pour un retour en images sur la carrière de Gilles Villeneuve.

Le jeune maire de Neuilly, un certain... Nicolas Sarkozy, célébrant le mariage de Didier Pironi.


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